1. Lisez le fond avant de mouiller
Une bonne tenue commence par un bon emplacement. Consultez la carte pour connaître la nature du fond et la profondeur, et observez ce qui se trouve déjà dans le coin. Le sable et la vase tiennent généralement bien ; les algues, l'herbe et le rocher sont là où les ancres chassent. Si votre traceur de cartes ou votre application affiche la nature du fond, utilisez-les. Sinon, un passage lent sur le sondeur vous apprend déjà beaucoup.
2. Choisissez votre emplacement pour tout l'évitage, pas seulement pour le mouillage
Votre bateau ne restera pas immobile. Avec les changements de vent et de courant, il décrit un cercle autour de l'ancre. Avant de mouiller, imaginez ce cercle complet et assurez-vous qu'il est dégagé des autres bateaux, des hauts-fonds, des bouées et de la côte. L'erreur classique consiste à mouiller selon la position actuelle du bateau, puis à se retrouver nez à nez avec le voisin quand le vent tourne à minuit.
3. Descendez l'ancre, ne la jetez pas
Descendez l'ancre depuis le davier et laissez-la tomber verticalement au fond, sous contrôle. La jeter empile simplement la chaîne sur l'ancre, ce qui l'empêche de se mettre en place. Une fois qu'elle touche le fond, reculez lentement en filant le mouillage. Cela déroule la chaîne en ligne et donne à l'ancre une traction franche.
4. Dosez bien votre longueur de chaîne
Le rapport de mouillage est le rapport entre la longueur de mouillage filée et la profondeur de l'eau, mesurée depuis votre davier en incluant la hauteur de marée. Plus ce rapport est élevé, plus la traction sur l'ancre est horizontale, ce qui est précisément ce qui lui permet de s'enfouir et de tenir.
- Mouillage tout-chaîne : 4:1 par temps calme, 5:1 comme valeur par défaut confortable.
- Chaîne et cordage, ou nuits ventées : 7:1 ou plus.
Dans le doute, filez davantage. Un rapport trop court est de loin la cause la plus fréquente des ancres qui chassent.
5. Chassez-la toujours
Une fois le mouillage filé, engagez doucement la marche arrière et laissez la charge augmenter jusqu'à ce que l'ancre morde et que le bateau s'arrête par rapport au fond. Repérez un point fixe à terre ou utilisez votre GPS pour confirmer que vous êtes vraiment stoppé et ne dérivez pas lentement. Une bonne mise en place maintenant vaut une heure d'inquiétude plus tard.
6. Ajoutez un amortisseur ou une brague
Un amortisseur est un court bout en nylon élastique reliant votre chaîne à un taquet de proue, de façon à soulager le guindeau. Il absorbe les chocs des rafales et des vagues au lieu que ces à-coups se transmettent directement à l'ancre et au bateau. Il fait aussi disparaître le grondement de la chaîne pour que vous puissiez vraiment dormir. Sur un catamaran, une brague fait le même travail entre les deux étrave.
7. Prenez des relèvements et marquez votre position
Une fois en place, notez où vous êtes. Les marins à l'ancienne prennent des relèvements sur deux amers fixes ; les équipages modernes posent une épingle dans une application. Dans tous les cas, vous disposez maintenant d'une référence pour savoir si vous tenez ou si vous dérivez lentement. C'est ce qui fait la différence entre repérer une chasse tôt et se réveiller quelque part d'inattendu.
8. Distinguez l'évitage d'une chasse
C'est là que beaucoup d'alarmes de mouillage péchent : elles sonnent à chaque fois que le bateau évolue normalement sur un changement de vent, et après deux fausses alertes vous les coupez. L'astuce, c'est une alarme qui enregistre votre trace pour que vous puissiez voir la forme de l'évitage. Un bateau qui tient bien décrit un arc propre autour de l'ancre ; un bateau qui chasse quitte cet arc et dérive dans une direction. La bonne application d'alarme de mouillage vous montre cela d'un coup d'oeil.
Comment nous restons sereins au mouillage
Nous gardons un téléphone à bord avec Anchor Alarm Pro. Il trace le cercle de sécurité à partir de notre position de mouillage et de la longueur filée, enregistre la trace d'évitage et déclenche une alarme sonore puissante dès que le bateau sort de ce cercle, même écran éteint. Depuis la couchette ou depuis le bord, un second téléphone ou un ordinateur peut surveiller le même mouillage grâce à un code partagé. C'est véritablement pour cela que nous dormons pendant les nuits que nous passions autrefois à veiller.
9. Vérifiez, puis vérifiez encore
Laissez vingt minutes à l'ancre et regardez à nouveau avant de vous détendre. Dans une eau chaude et claire, un rapide coup de palmes sur l'ancre vous dit tout : est-elle bien enfouie, ou allongée sur le côté dans les algues ? Si le vent doit forcir ou tourner dans la nuit, tenez-en compte dans votre longueur de chaîne et le choix de votre emplacement maintenant, pas à 3h du matin.
10. Tenez une vraie veille de mouillage toute la nuit
Vous ne pouvez pas surveiller la côte toute la nuit, alors laissez votre téléphone le faire. Activez une alarme de mouillage avant de vous coucher, suffisamment forte pour vous réveiller et avec les notifications activées au cas où vous seriez à terre. C'est le filet de sécurité qui attrape les rares mauvaises nuits : le changement de vent vers une côte sous le vent, la touffe d'algues qui finit par lâcher. C'est aussi ce qui vous permet d'arrêter d'écouter la chaîne en vous retournant dans votre couchette.
En résumé
Choisissez l'emplacement pour tout l'évitage, descendez et déroule la chaîne, filez suffisamment de mouillage, chassez-la énergiquement, ajoutez un amortisseur, marquez votre position et gardez une veille capable de distinguer l'évitage d'une chasse. Rien de tout cela n'est compliqué. Faites-le de la même façon à chaque fois et le mouillage cessera d'être la partie stressante de la journée.
Ce sont des conseils généraux de manoeuvre, ils ne remplacent pas la connaissance du terrain, votre propre jugement ni une veille sérieuse. Chaque bateau et chaque mouillage est différent.
